La boule de fort est un jeu typiquement local qui rassemble plus de 50 000 joueurs dans 392 sociétés dont 315 en Maine et Loire. Elle fait partie essentiellement du patrimoine angevin. Cependant on
pratique également la boule de fort aux limites extérieures de l'Anjou de façon marginale, à Vouvray ainsi qu'à Langeais et Lerné en Touraine, sans oublier Saint-Nazaire et quelques villages à
l'Est de la Loire-Atlantique. Néanmoins sa pratique, est essentiellement répandue dans l'ancienne province d'Anjou (départements du Maine-et-Loire, l'Ouest de l'Indre-et-Loire (Bourgueil,
Château-la-Vallière), le Sud de la Sarthe (le Maine angevin comme à La Flèche), et la Mayenne (la Mayenne angevine).
Les particularités de ce sport de boules sont principalement : * une boule de 13 centimètres de diamètre, légèrement aplatie de chaque côté, en bois dur (buis, cormier ou frêne) ou en plastique
cerclée d'acier, dont la bande de roulement est décalée, donc asymétrique et réglable grâce à une vis coulissante vers le « côté faible » ou le « côté fort » d'où le nom du jeu ; * un terrain en
forme de gouttière particulièrement grand : 20 m de long sur 7 de large. Les bords longitudinaux sont relevés de trente à quarante centimètres ; * des boules pouvant mettre plus d'une minute pour
atteindre leur destination d'où des parties très longues, jusqu'à trois heures, pour un objectif de points de 10 ou 12 (dont la pétanque s'est inspirée) ; * port de chaussons obligatoire sur la
piste dû au fait que,originellement, les jeux étaient conçus en terre "roulée".
Les frais d'entretien des cercles et sociétés de jeux de boule de fort, sont couverts par les recettes obtenues à la buvette des salles de jeux de boules. La consommation de vin est de tradition,
même si aujourd'hui certains préfèrent boire jus de fruits et limonades. Le vin, bon marché, est choisi au sein des comités des sociétés. Il est mis en petite bouteille, appelée « fillette » par
les membres mâles des sociétés, car les femmes sont exclues de la manœuvre. Même si les hommes boivent moins (chopinent moins) qu'avant, il est de tradition de « baiser des fillettes de vin d'Anjou
rouge ou blanc ». Selon que les rencontres soient des challenges ou amicales, les vainqueurs ou les perdants payent la tournée générale.
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