Partager l'article ! Le mystère des clochers tors: A quelques lieues au nord de Saumur, il existe cinq églises, dont les clochers présentent l'étrange caractéristi ...
Ces tours énigmatiques sont groupées dans un petit pays charmant - le Baugeois - où s'est également déroulée une célèbre bataille, qui vit l'armée française, sous la conduite du Dauphin, écraser les Anglais, le 22 mars 1421, victoire que les historiens ignorent superbement, Dieu sait pourquoi ?
Le vampire de Pontigné
Un paysan d'Anjou, ruiné et couvert de dettes, s'était donné au diable pour éviter la prison. La nuit, une fois par semaine, il se transformait en chauve-souris pour commettre de mauvais coups. A la faveur de ce déguisement, le vampire commit tant de crimes et de désordres, que les villageois se virent obligés de faire venir un exorciste. Le prêtre, ayant forcé le diable à comparaître, lui demanda le nom de celui qui se dissimulait sous le déguisement, car, si l'on soupçonnait le fermier c'était sans la moindre preuve.
Le Malin l'indiqua à contre cœur. L'exorciste, en homme sage et avisé, épia le suspect et finit par le surprendre à l'instant de sa transformation. C'était dans le clocher de l'église de Pontigné que le paysan ensorcelé se réfugiait le soir venu, délaissant ses vêtements pour devenir vampire et, ainsi travesti, courir les campagnes à la recherche de sang frais.
L'exorciste ordonna au curé qui l'accompagnait de faire sonner les cloches, tandis que lui-même se rua sur le fermier juste au moment où il venait de changer de forme et s'enfuyait par une ouverture. Le saisissant par une patte, l'exorciste voulut le ramener dans le clocher, mais la bête le griffa sauvagement, se débattant comme un beau diable. Alors, d'un coup de crucifix le prêtre lui sectionna une patte qui lui resta dans la main.
C'était une main d'homme. Déséquilibré, le vampire s'envola à tire d'ailes, en poussant des cris épouvantables, entraînant le clocher dans sa fuite. Le lendemain, les habitants de Pontigné découvrirent avec effroi la forme étrange qu'avait pris leur clocher. En allant visiter le paysan suspect, l'exorciste, le trouva au lit, l'avant-bras enveloppé dans des linges sanglants, et l'on s'aperçut qu'il n'avait plus de main droite.
Vieil-Baugé
Le célèbre clocher de Vieil-Baugé, en Maine-et-Loire, est à la fois "tordu" et "courbé". On y rapporte que, du temps de Yolande d'Aragon, deux ducs y épousèrent le même jour des sœurs jumelles. A la sortie de l'office religieux, les jeunes épousées sacrifièrent au rite de "l'embrassade publique". Mais, scandale! elles se mirent l'une comme l'autre, à échanger les plus tendres baisers, chacune avec... son beau-frère! Gaillards, les nombreux invités de la noce, d'abord stupéfaits, furent pris d'un formidable fou-rire, qui s'entendit des lieues à la ronde. Et le clocher, amusé par la scène, se "tordit" de rire, lui aussi!
J'aime croire que ces clochers tors, en Anjou comme en quelques rares paroisses de France et d'Europe, sont le fruit du talent de la corporation. Je n'écoute pas les mauvaises langues qui ironisent sur les... torts de la dive bouteille. Et je ne crois pas suffisante l'explication d'une déformation du bois par les méfaits du temps. Tu vas sourire. La légende dit que c'est l'oeuvre du diable. Il y a mieux. Un prêtre angevin de 85 ans, l'abbé Alexandre Perraud, vrai sourcier, qui a étudié les courants d'eau sous les mégalithes et les églises, affirme, lui : « Ce n'est pas un caprice de bâtisseur, mais bien une force tellurique, qui vrille la charpente, lorsque plusieurs courants d'eau se croisent sous l'édifice ». Qui a raison, qui a... tort ? Au fond, toute part de mystère est bien plaisante.
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